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Notre chemin vers Guru Dutt

Près de 20 ans que nous visitons régulièrement l’Inde. Pourtant, nous n’avons découvert le cinéma indien que depuis 5 ans. Le 15 janvier 2003 à Chennai, le jour de Pongal, nous demandons au chauffeur de rickshaw de nous choisir un film. Il nous dépose au cinéma Casino, où passe Varsham un film en telugu. Nous sommes tranquillement assis dans le public, quand l’ambiance devient survoltée dès l’apparition du héros sur l’écran. Nous sommes frappés par l’énergie des ballets et de la musique et par la virtuosité de la caméra. Tiens, tiens, seraient-ils tous de cet acabit, les films indiens ?

Pour répondre à cette question, nous décidons d’assister à tous les événements parisiens en rapport avec le cinéma indien. En avril 2003, Devdas est distribué dans les salles ; nous en ressortons les yeux rougis par des larmes de bonheur, et le souffle coupé par la beauté et la perfection des ballets. Cette même année, Nasreen Munni Kabir donne une conférence sur la musique dans le cinéma indien, illustrée par le clip de la chanson Choli ke Peeche, qui continue de nous pousser le doigt dans l’engrenage. Peut-être le bras était-il déjà atteint à l’époque…

Belle année que 2004 ! D’abord, Vous avez dit Bollywood ! au Centre Pompidou, qui nous donne l’occasion de découvrir les grands réalisateurs des années 1950 ; puis notre inscription chez ICE (Indian Cinema Events), une association destinée à promouvoir le cinéma indien ; enfin, au musée Guimet, nous assistons aux projections du premier Été indien.

Et tout s’enchaîne. Nous nous lançons fébrilement dans la lecture d’ouvrages français et anglais pour repérer les films à voir. Puisque l’offre de films indiens est si faible sur les écrans et dans les magasins, nous nous rabattons sur les vendeurs de DVD du quartier indien de Paris, qui vont nous rassasier de leurs trésors cachés. Nos soirées changent. Depuis 4 ans, le résumé de notre vie est à peu près le suivant : un film indien par jour, un livre indien par semaine, un spectacle indien par mois, un voyage en Inde par an. Ce voyage représente le summum de notre addiction de « fêlés » : ratisser Bombay à la recherche de livres, de DVD, d’affiches, de lieux de tournage devient notre principale activité.

Pendant notre dernier voyage en Inde, nous rencontrons Rashid Irani, critique de cinéma à l’Hindustan Times : il lance une diatribe contre le cinéma indien actuel, regrettant Bimal Roy, Raj Kapoor et Guru Dutt. Nous discutons de Pyaasa avec tant d’enthousiasme, lui, détaillant des scènes et des chansons, que nous réalisons que Guru Dutt doit être le thème de notre première exposition. Lui, dont les films, vus et revus, nous avaient tant remués par l’universalité des sentiments exprimés, par leur esthétisme de l’ombre et de la lumière, par la pertinence et la perfection des séquences chantées, et qui nous surprit par sa façon de jouer sans surjouer. Lorsque nous avons pris connaissance de sa vie tourmentée et de son suicide à 39 ans, les films en sont sortis grandis, plus chargés de douleur et d’étrange prémonition.

Nous organisons ce modeste hommage à Guru Dutt, dans le but de partager notre admiration pour ce cinéaste d’exception dont certains films sont référencés parmi les classiques du cinéma mondial n

Sally & François Picard

 

Les affiches exposées sont des originaux. Elles peuvent correspondre à la première sortie ou à une sortie ultérieure du film. Il nous est difficile de les dater avec précision.

 

 

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